L’écotourisme au Costa Rica

Ce n’était pas gagné, mais le Costa Rica semble avoir réussi son pari : celui de devenir une référence en écotourisme en Amérique Centrale et dans le monde entier.

Qu’est-ce que l’écotourisme ?

ontraction d’ « écologie » et de « tourisme », l’écotourisme est une forme de tourisme durable dont l’objectif est de profiter de la nature et des paysages, tout en ayant de faibles impacts environnementaux. Ces activités ou ces pratiques comportent une part d’éducation, et aident à faire prendre conscience aux voyageurs de la nécessité de préserver les ressources naturelles et le capital social des zones visitées.

 

On parle souvent de tourisme vert , de tourisme durable, d’ écotourisme, sans savoir clairement quels principes précis définissent chaque terme. Même si les définitions de ces notions restent floues et peuvent être interprétées différemment, elles englobent de grandes notions clés, à savoir :

 

  • Protection et valorisation du patrimoine naturel et culturel.
    Nous vous conseillons la lecture de cet article sur la relation entre la communautés indigènes et protection de environnement  (en anglais).
  • Education et sensibilisation des populations locales et des touristes.
  • Prise en main et gestion de l’activité par la population locale.
  • Bien-être des habitants.

Le destin unique de l’écotourisme au Costa Rica

Déforestation, culture de la banane et du café et élevage ont fait la pluie et le beau temps au Costa Rica depuis la colonisation espagnole, avec une apogée aux XIXème et XXème siècle sous le règne de la United Fruit Company.
Pendant ce temps, le Costa Rica est resté une simple base d’études et de recherches scientifiques, malgré sa très grande biodiversité. Selon le rapport GEO (2003), « le Costa Rica est un des 20 pays du monde qui compte une très grande diversité d’espèces […], et pourrait être le pays qui a la plus grande diversité d’espèces au monde, essentiellement grâce à sa position géographique entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud. ».
Mais dès le XIXème siècle, contrairement à ses voisins, le Costa Rica a doucement mais sûrement pris le chemin de la démocratie, de la démilitarisation totale – consacrée en 1948 sous José Pepe Figueres, du dynamisme social, avec notamment une éducation obligatoire et gratuite depuis 1869… et ainsi de la prospérité économique.

Dans les années 80, parce que ses ressources traditionnelles entrent en crise, et grâce à la réunion de tous les facteurs mentionnés précédemment, le Costa Rica, en quête de reconversion, prend finalement conscience de ses richesses naturelles incommensurables… et décide de se tourner vers leur protection et leur valorisation grâce à l’écotourisme.

Et du coup, concrètement ?

  • Des dates
    • 1955 : Création du premier parc national :Parc du Volcan Poas.
    • 2008 : les autorités des Parcs Nationaux du Costa Rica réglementent l’observation des baleines et des dauphins au départ de certains parcs.
    • 2009 : le gouvernement annonce au Congrès son opposition à l’exploration pétrolière au Costa Rica.
    • 2012 : Le Costa Rica interdit la chasse sportive sur l’ensemble du territoire.
  • Des chiffres :
    • De 10% de territoire protégé en 1987, ce sont désormais environ 27 % du territoire, dont 13 % de parcs nationaux, qui ont été aménagés pour être protégés afin de sauvegarder les différents biotopes du pays.
    • 2010 : en 20 ans, le Costa Rica a réussi à augmenter de 31% sa surface forestière.
    • 2015 : premier semestre avec 100 % d’énergie verte.
    • 2021 : le nouvel objectif du Costa Rica est d’atteindre à 100% la neutralité carbone (CO²). En raison de la grande production d’électricité hydraulique que produit déjà le pays, l’objectif semble réalisable. D’autant plus que des recherches sont actuellement effectuées pour exploiter le potentiel géothermique de certaines régions et produire du biogaz à partir de pulpe de café.
  • Des labels :
    • L’Institut du Tourisme Costaricien (ICT) a mis en place en 2011 le label CST (Certification de Tourisme Durable), dans le but de trier et différencier les entreprises touristiques en fonction de leur degré d’implication dans la préservation de l’environnement (exploitation des ressources naturelles, culturelles et sociales). C’est une action privée contrôlée par l’État. Il existe 5 niveaux différents et un cahier des charges très rigoureux.
    • La Bandera Azul Ecológica (Drapeau Bleu Ecologique) est un label décerné annuellement pour les communautés qui s’engagent dans le développement durable (gestion des déchets ou bien protection des ressources naturelles). Cette action gouvernementale suit des critères rigoureux et a pour but de transmettre un environnement préservé aux générations à venir.

Mais les initiatives ne sont pas seulement étatiques. De nombreux particuliers, hôtels, associations, coopérations se sont mis à « jouer le jeu » de l’écotourisme. Les Quakers à Monteverde, la Réserve Naturelle Absolue Cabo Blanco, ASEPALECO au cœur de la réserve Karen Mogensen, et l’ATEC dans les caraïbes en sont de bons exemples.