Les peuples de Bolivie, mosaïque humaine

Les peuples de Bolivie

Le patrimoine historique de la Bolivie compte parmi les plus riches d’Amérique du sud. On résume malheureusement souvent l’histoire précolombienne de ce pays à celle des Incas, réduction injuste et trop rapide.

La première grande civilisation à avoir laissé sa trace en Bolivie fut celle de Tiwanaku. Fondée aux abords du lac Titicaca, elle exerçait sa domination sur une population estimée à 70 000 personnes, et son ordre régnait sur un territoire allant du sud du Pérou au nord de l’Argentine. Fondé aux alentours de 600 ans avant JC, l’empire s’éteignit  vers 1 200 après JC, vraissemblablement en raison d’une sécheresse de plus de 40 ans qui destabilisa une économie basée sur l’échange de produits agricoles et d’artisanat.

Tiwanaku a joué un rôle majeur ici, dans la mesure où ses croyances, ses techniques et ses découvertes (dans des domaines aussi variés que la céramique, la botanique, l’astronomie,  ou l’anatomie -les Tiwanacotèques pratiquaient la trépanation !-) servirent de base aux futurs occupants des lieux, dont bien sûr les Incas.

On estime hélas que les excavations réalisées jusqu’à ce jour n’ont permis de mettre à jour que 20 % seulement des vestiges tiwanacotèques existants, c’est dire si cette civilisation conserve encore bien des mystères pour nous…

Bolivie, un peuple métissé

A la suite du déclin de l’empire de Tiwanaku, des seigneuries Aymaras rivales prirent le contrôle de l’altiplano pendant près de 3 siècles, jusqu’à l’arrivée des guerriers incas, venus on le suppose des régions d’haute Amazonie. 150 ans après l’avènement de cette civilisation débarquaient les conquistadores, vers 1530.

Dès 1545, ils commençaient à exploiter les richesses fabuleuse des mines de Potosi.

Les maladies apportées par les envahisseurs et les conditions de travail quasi-esclavagistes décimèrent les populations locales, dont les cultures ne surent totalement résister aux pressions exercés au plan religieux par les nouveaux maîtres.

Le résultat de cette histoire mouvementée est un peuple métissé, à majorité indienne, divisé entre « Kollas » des hauts plateaux et « Cambas » des régions basses (Amazonie et Oriente).

Bien que faiblement peuplée (7 habitants au km2, l’une des densité les plus basses de la planète, au point qu’il est courant de ne pas rencontrer âme qui vive au cours d’une journée de voyage) la Bolivie est toujours aujourd’hui la terre d’accueil de plusieurs dizaines d’ethnies différentes. Panos, Chipayas, Araucos, Chapacuras, Guaranis… beaucoup d’entre elles ont conservé des modes de vie ancestraux et vivent en marge du monde moderne, au point que certaines sont aujourd’hui menacées d’une extinction rapide.

L’avenir de la Bolivie dépendra beaucoup de sa capacité à rendre réalité sa devise, inscrite récement dans la constitution : « L’unité dans la diversité ».

Tout comme il fallut des années pour aboutir à la reconnaissance de l’Aymara et du Quechua comme richesse nationale (ce ne sont des langues officielles du pays que depuis les années 80), il s’agit sans doute là d’un processus long et douloureux.